BLOG MOMENTAIREMENT SUR POSE, DU AU VACANCES. ON REPREND À LA RENTRÉE.
Heidi Neanders s'extirpa de son lit. Elle avait toutes les raisons d'être de bonne humeur. Ce samedi soir, c'était le bal de Noël. Et en plus, c'était le premier jour des vacances. Contrairement à la plus part des gens, ce n'était pas les professeurs ni les cours qui faisaient Heidi détester l'école. Certes, elle n'aimait pas travailler, mais ce qui l'énervait le plus, c'était sa réputation. Personne n'aurait pu comprendre. Elle avait tout pour elle : la beauté, l'intelligence, les garçons, la richesse, la popularité... Où était donc le problème?
En fin d'après-midi, Heidi fit venir sa coiffeuse et maquilleuse, puis, vers les 19h30, elle enfila sa robe bordeaux faite sur mesures. Elle se contempla dans le miroir. Elle faisait plus que ses seize ans, maquillée et habillée de la sorte. Il faudrait à tout prix prendre des photos pour que ses parents voient sa tenue. Ceux ci n'étaient pas très présents dans sa vie et la laissaient livrée à elle même, Heidi étant fille unique. Elle avait tout ce qu'elle voulait et ne manquait de rien. Ou peut-être, d'amour. Un amour sincère.
Quelqu'un toqua à sa porte, et elle se détacha du miroir.
Heidi – Entrez.
Jackie, la gouvernante, entra et l'informa de l'arrivée de Carl, petit ami et cavalier de la jeune fille. Celle-ci prit donc son sac et son beau manteau blanc, puis descendit le grand escalier jusqu'au hall, où attendait le grand brun. Il l'embrassa et la prit par le bras, avant de la conduire jusqu'à son 4x4 noir. Ils roulèrent dans le silence, un sentiment bizarre pesant dans la voiture.
Arrivés devant le lycée privé Marymount High School de Beverly Hills, une ville riche au Nord de Los Angeles Country à Californie, Carl se gara sur le parking, ils descendirent de la voiture, et se mêlèrent à la foule d'élèves qui rentraient dans le gymnase de l'établissement.
Se mêler à la foule n'était pas très approprié ; tous les élèves se retournaient en les voyant. C'était surement le plus beau couple, les deux gosses de riche, la plus belle et le plus beau, les plus populaires. Avec un sourire satisfait, Heidi laissa Carl, qui la tenait par la taille, la guider jusqu'à la table de leurs amis, tous aussi populaires qu'eux. Aussi riches et aussi snob. Aussi enviés, respectés, et pourtant détestés. Pendant que Carl était parti prendre à boire, Heidi s'installa à côté de Sandra, sa meilleure amie. Celle-ci était grande, blonde aux yeux verts. Sandra portait une magnifique robe émeraude qui mettait ses yeux en valeur.
Heidi – Ta robe est vraiment magnifique!
Sandra – La tienne aussi. Faite sur mesures, j'imagine ?
Heidi - * rire * Bien sur que oui !
Sandra – Il faut à tout pris qu'on prenne tous des photos !
“Tous” désignait les deux amies et encore trois filles, ainsi que leur cavaliers. Et le groupe de jeunes était d'accord avec cette idée. Dès que Carl revint, ils burent une gorgée de leur bière et allèrent choisir un beau coin pour prendre des photos, qui allaient surement être plus tard dans le journal de l'école. Après une dizaine de photos différentes, les couples allèrent sur la piste et ils dansèrent jusqu'à en avoir mal aux pieds. Heidi repartit donc s'asseoir avec son copain pour finir leur boisson.
Carl – Tu es très sexy aujourd'hui.
Heidi – Qu'aujourd'hui ?
Carl – Surtout aujourd'hui.
Heidi sourit légèrement. Elle adorait être complimentée. Ça la faisait se sentir aimée...
Les slows commencèrent, et Carl lui prit la main en souriant puis l'entraîna jusqu'à la piste. Elle posa ses mains sur ses épaules, et le brun descendit les siennes jusqu'à ses fesses. Il l'embrassa dans le cou, la faisant soupirer, puis alla chercher ses lèvres. Après un long baiser langoureux, il se détacha d'elle et la regarda avec un petit sourire.
Heidi - * sourire amusé * Quoi ?
Carl – C'était notre dernier baiser.
Le sourire d'Heidi s'effaça. Elle entrouvrit légèrement la bouche, puis reprit la maîtrise de soi.
Heidi – C'est une blague, n'est ce pas ?
Carl – Non, pas du tout.
Heidi – Mais......Co...comment tu peux... ? Pourquoi tu me fais ça??
Carl – Ça fait longtemps qu'on est ensemble...
Heidi – Ça fait un mois !
Carl – Justement. J'ai besoin de changement, et j'en ai marre de devoir me cacher pour m'amuser.
Heidi – Te cacher ? Comment ... Carl !
Mais ce dernier s'éloignait déjà. Elle regarda avec stupeur son petit ami – ou plutôt, ex-petit ami – se diriger vers Sandra, qui se blottit dans ses bras et l'embrassa, passant ses bras autour du cou du garçon. Heidi se pinça les lèvres quand sa soi-disant meilleure amie la regarda avec un petit sourire. La jeune fille se dirigea vers leur table, prit ses affaires et sortit du gymnase la tête haute, bien consciente que tous les regards étaient posés sur elle. Mais sa dignité ne dura pas. Arrivant au parking, elle s'adossa contre une voiture et ne put contenir ses sanglots.
Comment avait-il put ? Comment avait-elle put ? Certes, elle n'était pas la copine parfaite ni l'amie idéale, elle avait plein de défauts, comme tout le monde. Elle était un peu hautaine, très orgueilleuse. Mais elle n'avait jamais fait quelque chose pour mériter ce coup si bas. En tout cas pas de leur part.
Elle sortit son portable et composa le numéro de Luiz, son chauffeur. Cette soirée qui devait être si fabuleuse, se finissait si mal... elle aurait du être reine du bal. Avec Carl comme roi. Ils auraient du passer la nuit, la matinée et même le lendemain ensemble... Mais Carl avait choisi autrement.
Luiz – Luiz Maurero.
Heidi - * essayant de ne pas faire trembler sa voix * C'est Heidi, vient me chercher au lycée.
Luiz – Mais vous ne rentrez pas plus tard avec votre enamorado ? Il n'est que 23h30 ...
Heidi – Ne pose pas des questions et viens !
La jeune fille raccrocha et essuya ses larmes, ayant peur que quelqu'un la voit ainsi. Son maquillage couteux coulait le long de ses joues, et s'éparpillait au fur et à mesure qu'elle essayait de l'essuyer. Elle entendit des pas et baissa la tête, cachant son visage avec ses cheveux. Un couple d'amis passa, et elle sentit leur regard peser sur elle. Elle entendit des chuchotements, puis ils s'éloignèrent. Heidi resserra la fourrure de son manteau contre elle et se dirigea vers l'entrée du parking, prête à bondir dans la voiture dès que Luiz arriverait.
Elle dut attendre encore cinq minutes avant d'apercevoir la Rolls Royce de sa famille. Elle rentra dedans sans un mot, et Luiz estima qu'il valait mieux ne rien dire et la conduisit chez elle.
Arrivant dans sa chambre, elle se laissa tomber dans son lit, laissant aller les sanglots qu'elle retenait depuis.
Heidi – P..Pourquoi ?
Mais il n'y avait personne pour lui répondre. Elle était seule. Même pas une mère pour la prendre dans ses bras. Elle se tourna donc vers son seul confident : son journal intime. Elle glissa sa main sous son matelas et en tira un beau cahier en cuir marron orné de dorures. La jeune fille vida son coeur en quelques lignes, puis referma le journal, pour le remettre à sa place. Elle agrippa son oreiller et se roula en boule dans sa couette.
Heidi – * murmure * J'aurais tellement aimé être quelqu'un d'autre...
Et, bercée par ses larmes, elle finit par s'endormir...


